Le blog qui ne sait pas où il va mais il y va quand même, ou les petits textes ridicules et absurdes de Luc.
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jeudi 23 décembre 2010
Inventaire dans un pré vert
Electra Glide de Noël
Jo roulait depuis des heures. Ils avaient fait plusieurs haltes. Il commençait à être fatigué.
Ils avaient quitté Detroit depuis deux jours, bientôt ils arriveraient à Monterey. Mary commençait à être vraiment fatiguée.
Chienne de vie, pensa Jo. Ils avaient tout pour être heureux. Son entreprise marchait bien. Jo était charpentier. Il employait dix ouvriers, ils construisaient des maisons en bois. Ils n’avaient pas leur pareil pour monter les ossatures en un temps record. Le carnet de commandes était plein. Ses gars se donnaient à fond. Il faut dire que Jo était un bon patron. Ils leur payaient les assurances maladie, les caisses de retraite, sans compter les bonus. Tout allait bien, et puis il y eut la crise. Epiphénomène, pensa –t-il tout d’abord, et puis il dut se rendre à l’évidence, c’était plus grave.
Des légions entières envahissaient les nations, les légions de la spéculation, esclaves fidèles de leur démon et maître tout puissant l’argent. La colonisation des nations libres fut imperceptible au début, puis peu à peu les incidents apparurent et se multiplièrent. Ces légionnaires étaient sans pitié tant leur empire était tout puissant. Les structures des états colonisés se modifièrent, et ainsi se fragilisèrent, puis se fut les coutumes qu’ils modifièrent, et ainsi toute la diversité du monde tendait vers l’uniformisation. Des officines dirigés par des serviteurs proche du démon notaient même les provinces conquises, une mauvaise note accélérait leur destruction, et bien sûr ces fermiers généraux s’enrichissaient copieusement sur la misère des autres. Les peuples colonisés s’appauvrissaient de plus en plus, sombraient dans l’incertitude, puis dans la précarité, et enfin la résignation. Les entreprises fermaient les unes après les autres et les gens perdaient tout ce qu’ils avaient, jusqu’à leur maison.
Les commandes se raréfièrent, et Jo comme d’autres avant lui du fermer son entreprise, et à son tour perdit tout ce qu’il avait.
Avec Mary son épouse, ils décidèrent alors de partir vers Monterey dans le sud ouest. Il avait pu seulement sauver son Electra Glide du naufrage. Bien sûr le pick-up aurait été plus pratique surtout dans l’état de Mary, mais les serviteurs des légions de la régression l’avait saisi.
Jo avait roulé sans à-coup pour préserver Mary. Il savait bien qu’il devait trouver un endroit pour se poser. Mary était épuisée et proche de la délivrance. Pas moyen de trouver un motel pour les accueillir, soit ils étaient pleins, soit ils ne voulaient pas accueillir de bikers. Si ça continuait ainsi, il leur faudrait trouver refuge dans une grotte, ou une étable abandonnée.
On était proche de Noël. Jo se rappelait des Noëls de son enfance quand toute la famille était réunie autour de valeurs essentielles et que la terre où il vivait porter le nom de civilisation. Aujourd’hui elle était morte car le démon qui régnait sur le monde l’exigeait. Pour le moment la seule préoccupation de Jo était de trouver un endroit pour que Mary puisse se reposer.
Plus tard quand ils seraient à Monterey, il espérait pouvoir redémarrer une nouvelle vie. Bien sûr plus rien ne serait comme avant. On réduisait de plus en plus les gens à rien, mais ses cousins Mel, Balthus, et Gasper avaient promis de venir l’aider. Gas devait ramener des vêtements pour le bébé, Mel du matériel pour construire une petite maison en bois sur un terrain de la famille, et Balthus qui avait quelques économies avait proposé de donner un peu d’argent pour redémarrer dans la vie.
Dire que si tout avait continué comme avant, son enfant aurait pu devenir charpentier. Que ferait-il plus tard ? Difficile à dire, tant le monde était incertain. Comment allait-il évoluer ? Nul ne savait, dans deux mille ans sûrement les historiens sauront. Les hommes se seront peut-être libérés de cet obscurantisme, Jo l’espérait, c’était la seule chose qui lui restait. Et si son enfant devenait pasteur pour éclairer et guider les gens de sa paroisse ? Pasteur ça serait pas mal. Peu importe, pensa Jo, il voulait qu’une chose pour son enfant, un trésor que le démon qui dominait le monde ne pourrait jamais soumettre, l’éveil de la conscience.
Joyeux Noël à tous.
samedi 30 octobre 2010
Mammouthon
Un peu de paléontologie aujourd’hui ça ne peut pas faire de mal, non ?
Le mammouth, est un animal à la fois réel, proboscidien qui s’est éteint à la toute fin du Pléistocène, et véritable mythe, en effet que n’a t-on accolé au mot mammouth. C’est ainsi que cette vénérable institution qu’est l’Education Nationale s’est faite appeler “mammouth” par un ex ministre qui en fut un autre. Un avion gigantesque, une structure impressionnante se voient rapidement qualifiés de mammouthesque tant l’animal était imposant.
A dire vrai c’est très exagéré. La pléthore de superlatif nous conduit quelques fois à une outrance de propos peu conforme à la réalité. Tenez, certains allant un peu vite en besogne, se laissent aller à dire avec violence, “ les hommes politiques sont tous des salauds”. Je trouve que c’est franchement excessif pour parler d’un corps juste routinier dans ses pratiques afin de conserver des avantages acquis. J’y pense ne pourrait-on pas à leur tour les qualifier de mammouths tant leurs pratiques sont d’un autre âge, celui d’avant la nuit du 4 août ?
Mais au fait revenons à nos moutons, ce qui est un comble, d’où vient le nom mammouth ?
Le mammouth apparait dans le langage, au XVII ème siècle. L’origine du mot est mal cernée. On pense qu’elle viendrait de Russie, mais ses sources seraient à chercher chez les Lakoutes de Sibérie. Partant de là on peut penser que Ma signifie terre, et mut, la taupe. En gros le mammouth est une taupe de terre ?!?!?!
Ah bon, parce qu’il existe des taupes de mer ?
De là à penser que les Lakoutes se sont payés la tête des russes, il n’y a qu’un pas !
- Dis, tu sais où tu vas dans cette affaire ?
- Bien sûr que non, mais ce n’est pas grave, n’est-ce pas le slogan du site, le blog qui ne sait pas où il va, mais il y va quand même.
- Oui ben tu flottes !
- Ce n’est pas de ma faute. C’est de la faute de ma nièce.
Elle vient de mettre au monde des jumeaux, deux charmants bambins qui à la naissance avaient la taille de Jonah Lomu à un an !!! Bien sûr elle n’a rien trouvé de mieux à faire que les surnommer les mammouthons ! Elle s’en fiche elle, si après l’auteur des Petex-Ra il rame comme un malade ! Ingrate !
Elle aurait pu choisir les angelots, en même temps, avec le billet que j’aurai fait, je me serai fait exécuter par les intégristes de tout bords. Ou encore les petits papillons d’amour, heu…… je passe !
Et pourquoi pas le très classique, crevette. Avec mon amour de la mer, sur les crevettes je parvenais à en faire trois pages !!!!
Non, elle a choisi les mammouthons !
En tout cas vous n’avez pas idée à quel point ils sont beaux ces petits mammouths, normal ils sont de ma famille, et quand on connait le tonton….
Tiens à ce propos il faut que je me dépêche, j’ai rendez vous ce soir avec Apolline sur ma méridienne.
Nos mammouthons d’amour tout le monde les aime déjà. Je vais enfin les voir demain soir. Ils s’appellent Mahé et Loup, c’est joli n’est-ce pas ?
Mes petits zamours, grand tonton il écrit beaucoup de bêtises avec lesquelles il pense faire sourire donc pas de passe droit, vous n’y échappez pas, mais promis si j’avais été poète, je vous aurais fait une petite bricole de 10 000 vers au moins.
En entendant, le verre je l’ai déjà levé à votre santé.
Une belle aventure vous attend, vous allez hisser la grande voile pour partir sur cette mer fabuleuse qu’est la vie. C’est un voyage qui n’est composé que de découvertes, d’apprentissage, et de rencontres aussi.
C’est à une épopée indicible et personnelle à laquelle vous serez conviés. Maman et Papa seront là pour vous apprendre le voyage jusqu’au jour lointain où vous serez assez grands pour tracer par vous même la route sur l’océan de votre choix, mais ils resteront à tout jamais votre havre.
Je vous souhaite la bienvenue dans la grande aventure de la vie qui désormais s’offre à vous, je vous aime mes amours.
Bon cela étant mes petits chéris, bientôt les vacances sont finies, en janvier on commence l’entraînement de rugby !
Non ?
Bien sûr ! Trois mois c’est assez vieux pour commencer !
samedi 16 octobre 2010
Enceinte
mardi 12 octobre 2010
Amour contrarié
Elle n’osait même pas penser à la poubelle en inox située au dernier sous sol, sous le lavabo. Bien sûr elle faisait partie des sans grades, ceux qu’on ne voit jamais. Néanmoins, elle savait bien que sans la poubelle elle ne pourrait pas continuer à briller ainsi en pleine lumière. Les machinistes obscurs ont un rôle indispensable dans le théâtre de la salle de bain.
Sûre d’elle, viril, oui la brosse à cheveux reste de genre féminin même si l’individu est un mâle, c’est comme pour les orques. Elle était tellement belle avec son manche en bois sombre et sa chevelure régulière, noir de jais, coupé à ras, que la brosse à dents en tomba instantanément amoureuse. Elle aurait aimé se lover contre son torse puissant, mais les conventions sociales ne le permettent pas. Depuis quand une brosse à dents et une brosse à cheveux s’unissent-elles pour le meilleur et le meilleur ? Jamais. Ça n’arrive jamais, et si ça survient ce sont toujours des unions clandestines pour le pire et le pire.
lundi 11 octobre 2010
Atermoyer
vendredi 24 septembre 2010
Pleutre
Alors quelle mouche a piqué l’Académie ? Je crois qu’il me faut mener l’enquête. Réunion avec moi même sur le champ, comme le ferait un docte penseur qui animerait un colloque pour tenter de trouver la réponse à la question, mais est-ce que le feu brûle vraiment. Je m’absente quelques heures, ben oui le colloque ! mais je reviens.
Je pense alors à un regard bleu comme les mers du sud, à un gamin facétieux malgré les quelques printemps qui commencent à habiter son âme, le délicieux Jean D’Ormesson. Connaissez-vous homme qui aime autant les femmes que lui, aussi charmeur que lui, aucune ne lui résiste, impossible à cet homme d’être macho, il les aime trop pour ça.