Sens de lecture

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vendredi 24 septembre 2010

Pleutre

Le dictionnaire nous apprend de façon très laconique, qu’un pleutre n’est autre qu’un homme peureux.  Un homme. J’en déduis très logiquement qu’une femme peureuse n’est pas pleutre.
Nous sommes là en présence d’une grave atteinte à la parité, autrement dit un acte qui n’est pas loin d’être révolutionnaire par rapport au totalitarisme du politiquement correct.


Dictionnaire, définition, je ne sais pas vous, mais moi ça me fait penser à l’Académie. Alors est-ce à dire que l’Académie Française est un aréopage de révolutionnaires ? J’avoue que l’idée de Richelieu portant barbe et béret avec étoile, pour savoureuse qu’elle soit, n’est pas loin d’être incongrue.
La bienséance m’interdit d’aller plus avant sur le caractère révolutionnaire de Richelieu, au risque de me faire excommunier par Ben 16ème du nom.

Alors quelle mouche a piqué l’Académie ? Je crois qu’il me faut mener l’enquête.  Réunion avec moi même sur le champ, comme le ferait un docte penseur qui animerait un colloque pour tenter de trouver la réponse à la question, mais est-ce que le feu brûle vraiment. Je m’absente quelques heures, ben oui le colloque !  mais je reviens.

Je n’ai pas été trop long ? J’ai la réponse. En guise de révolutionnaires, nous avons surtout à faire à une bande de machos !

Finalement, non, je suis habité par le doute, argument beaucoup trop réducteur.
Je  pense alors à un regard bleu comme les mers du sud, à un gamin facétieux malgré les quelques printemps qui commencent à habiter son âme, le délicieux Jean D’Ormesson. Connaissez-vous homme qui aime autant les femmes que lui, aussi charmeur que lui, aucune ne lui résiste, impossible à cet homme d’être macho, il les aime trop pour ça.
Au fond, si le dictionnaire parle d’homme peureux pour définir le pleutre, c’est au finalement parce les membres qui composent l’Académie aiment les femmes.

Bon mon couplet politiquement correct sur les femmes c’est fait ! Ça tombe bien parce que ce soir j’ai envie de me faire inviter à dîner chez Tata Jacqueline. Non, je ne suis pas intéressé, juste pragmatique, le vendredi soir c'est blanquette  de veau et Sancerre blanc !

Finalement je n’ai pas avancé. Je crois que je n’y couperai pas, il me faut aller faire mes dévotions à la déesse Etumos, plus connue sous son nom latin d’Etymologia.
L’origine du mot pleutre, pourrait venir du flamand. A l’origine la signification se trouverait dans chiffon, chose sans valeur, ménage, vaurien.

J’y verrai presque une concordance avec couard qui introduit en plus une notion de lâcheté.  Comme dirait une de mes amies, qui en est à son 25ème divorce, “ un homme, quoi !”. Il faut dire que la logique et elle ça fait deux, au fond elle leur reproche avant tout de ne pas être George Clooney. Je lui ai conseillé d’élargir le champ de ses morphotypes, mais elle reste hermétique à mes arguments.

Finalement le pleutre est méprisable. Avez-vous vu l’origine du mot ? Chiffon, chose sans valeur, vaurien. L’essentiel est là, et non dans la peur. La peur est induite par un état de stress produit par la mise en œuvre de neurohormones qui
- Non ! Arrête ! tu t’amuses avec les mots, tu ne fais pas une conférence !
- D’accord, je barre !
La peur est induite par un état de stress produit par la mise en œuvre de neurohormones qui
Heureusement que mon deuxième Moi est là, car je me laisse quelques fois entraîner par mes élans.

Au fond le pleutre exprime une peur, rarement objective. Sa peur est motivée par sa personne, l’atteinte à sa personne, à ses avantages, à sa situation. Ça vous dit quelque chose ?
Non ?
Hypocrites !
Nous en avons tous connus dans les entreprises… ou ailleurs.
Vous remarquerez chers lecteurs, que je suis de plus en plus sous contrôle, et pas une fois je n’ai parlé des hommes politiques.
Non je n’en ai pas parlé ! Loin de moi cette idée mesquine de leur attribuer la pleine propriété de la pleutrerie.
Je vous trouve très injustes envers moi de le sous entendre, et surtout j’ajouterai, soyez gentils, ne me tenez pas responsable de vos idées parasites :-)

mercredi 23 juin 2010

Gougnafier

J'aime beaucoup ce mot tombé aujourd'hui en désuétude.
Le gougnafier n'est autre qu'un incapable, un impoli, un goujat, un lourdaud voire un sagouin. Beau palmarès n'est ce pas, pour qualifier ni plus ni moins qu'un Jean-foutre, un incapable qui montre de l'indifférence ou de l'insouciance.
Non ! C'est promis, je ne parlerai pas des Politiques dans ce billet, même s'il y aurait à dire. D'une part parce que je les ai beaucoup étrillés ces derniers temps, et d'autre part parce qu'il y a bien de députés de base, de conseillers municipaux ou de maires qui font avec dévouement leur travail, il faut le dire aussi de temps en temps.
Le gougnafier est somme toute une espèce de bipède fortement répandue. Paré assez souvent de très jolis atours, on lui accorde un crédit qu'il ne mérite guère. Je n'irai pas jusqu'à dire que le gougnafier est un fainéant car il travaille, essentiellement sa communication et son image car pour le reste, il est un incapable.
Le gougnafier percé à jour devient très vite un goujat, un impoli, ou même un franc sagouin. Le masque tombe, dévoilant le côté peu reluisant du personnage qui le plus souvent endort son monde pour en tirer un profit.
Paré de ses plus beaux atours, bonne communication, tirer un profit, soucieux de son image, voilà le résumé qu'on peut en faire.
Observons à présent l'origine du mot. Elle est très difficile à établir. Si le mot est apparu semblerait-il en 1891 dans la langue française, son origine pourrait se trouver dans gougnafiasse, qui a revêtu plusieurs sens au fil du temps, notamment celui de se goinfrer, et de prostituée. Loin de moi l'idée dans ce billet de manquer de respect aux dames de petite vertu, je ne réduirai pas le mot prostituée aux officiantes du  plus vieux métier du monde, mais j'élargirai le sens à celui de se vendre au plus offrant sans sens moral contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Les mercenaires et les traders correspondent parfaitement à cette définition. 

Les gougnafiers sont au final des mercenaires parés de leurs plus beaux atours à des fins de profit personnel, qui se prostituent c’est à dire se vendent au plus offrant,  et par ailleurs incapables, indifférents, et insouciants. Je suis sûr que ça vous dit quelque chose. On en a tous rencontré dans notre vie, surtout en entreprise. La seule attitude à avoir envers un gougnafier pour ne pas tomber dans ses rets et en devenir la victime, consiste à se montrer indifférent et à le laisser se dégonfler tout seul comme la baudruche de fatuité qu'il est.
Nous sommes là confronté au paradoxe du gougnafier, il n'existe que par les autres, mais Dieu merci l'indifférence permet de le faire disparaître à tout jamais.
A propos d'atours, car vous avez bien compris que le gougnafier a besoin de très beaux atours pour tromper, ne trouvez vous que la couleur bleue lui va bien………

lundi 7 juin 2010

Séide

Peu usité finalement ce joli mot de séide qui prend plusieurs significations.
Séide peut signifier être dévoué à quelqu’un ou partisan de quelqu’un. Dans une forme plus radicale il peut qualifier une personne fanatique.
Difficile par conséquent d’isoler séide de son contexte pour en connaître le sens exact.
Faisons un instant de la pure fiction, imaginons que dans l’univers politique se trouve des séides… j’ai pris soin de dire que nous étions en pleine fiction, alors imaginons. 

Vous avez probablement remarqué comme moi que Dominique de Villepin fait son retour dans les médias. Il opte pour une stratégie payante finalement, se déplacer pour aller parler avec les sans grades. D’autres l’ont fait avant lui comme Ségolène Royal ou Marine Le Pen. Ce n’est pas absurde, car d’une part ça lui permet de marquer sa différence avec les politiques institutionnalisés, et d’autre part il cultive ainsi un certain panache qui lui est cher comme l’a montré son discours à l’ONU au moment de la guerre d’Irak.
Il jouit d’une certaine aura pour ce fait d’armes, et le petit peuple des sans grades voit sa différence réelle ou supposée avec les institutionnels. Ce peuple a de la mémoire et pourra s’en rappeler le cas échéant si Dominique de Villepin est candidat.

Nicolas Sarkozy sera bien obligé de le contrer. Il ne le fera pas lors d’un affrontement direct, ce n’est pas son rôle enfin….en théorie, il enverra probablement l’un de ses séides.
Le plus qualifié sans conteste, tant les autres donnent l’impression d’avoir tenté le concours d’entrée à l’école du rire, est Jean François Copé. Comme ne manque pas de le souligner certains commentateurs, Copé est un homme de conviction, intelligent, cultivé, et ayant l’esprit d’à propos. Un homme de panache contre un autre homme de panache.
Nous parlions de séide, n’est pas ?  Copé malgré quelques coups d’éclat n’en est pas moins un homme lige du président, si je peux me permettre cette juxtaposition.

A votre avis, Nicolas Sarkozy, connait-il l’origine du mot séide ?
Séide vient de l’arabe Zayd du nom d’un affranchi du prophète. On peut raisonnablement en déduire qu’un séide est un homme dévoué à quelqu’un jusqu’au jour où il devient un affranchi. Finalement 2012 c’est très près de 2017, non ? Oui je sais, j’ai l’esprit mal tourné. 

Faut-il en déduire qu’il y a peu de séides pour servir le président dans cette affaire, je ne sais pas, j’ai bien précisé qu’on nageait en pleine politique fiction.

jeudi 3 juin 2010

Oxymore

Non, oxymore ne signifie pas “plus d’oxygène” comme les adeptes du franglais seraient enclins à le penser tant ils ne maîtrisent aucune des deux langues.
Oxymore, est le nouveau phénomène de mode dans les médias. On a tout eu depuis quelques années, le  dernier en date, le logiciel. Evidemment vous savez tous ce qu’est un logiciel, mais savez-vous ce qu’est le logiciel du PS, ou le logiciel de la majorité ? Non. Moi non plus, mais eux non plus !
Il me semble bien que cette expression débile soit sortie en son temps de la rue de Solférino, mais je ne l’affirme pas. C’est quand même assez savoureux de voir des gens qui en sont tous restés au MS-Dos dans leurs comportements, parler de logiciel ! Dans les prochains temps s’ils découvrent que Microsoft en est à Windows Live, je suis prêt à parier  qu’ils nous feront le coup de la fenêtre vivante ou en direct !
Je suis de bonne humeur aujourd’hui, je vous épargnerai le fameux “projet” mis à toutes les sauces, “ Mon petit, as-tu le projet de te laver les mains, car nous passons à table dans cinq minutes “.
J’en reviens à oxymore. Prêtez attention aux débats télévisés, il n’y en a pas un aujourd’hui qui peut se dérouler sans qu’un sentencieux participant nous fasse le coup de l’oxymore. C’est pas possible, je vais finir par croire que dans le microcosme parisien ils organisent des concours !
L’oxymore à l’origine, est une figure littéraire juxtaposant dans une même locution deux mots au sens contradictoire pour produire un effet de surprise, comme le fit en son temps Corneille dans Le Cid,  “ cette obscure clarté”. Au final l’oxymore pour poétique qu’il soit n’est autre qu’un éparpillement sémantique qui contient une certaine illisibilité.
Allez, et si on faisait une petite décoction de racines pour changer ? Direction la Grèce notre mère à tous.
Oxymore, ou oxymoron fut composé à partir de oxu qui signifiait aigu  et de moros qui lui signifie émoussé et a évolué vers niais, stupide. Les grecs ont attribué à oxymoron le sens de spirituel sous une apparente stupidité.
Au final que produit l’usage intempestif des oxymores ? Ni plus ni moins qu’une désorientation de laquelle va découler des biais permanents de la pensée. Je serai parano, j’en viendrai presque à considérer qu’on est en présence d’une stratégie cynique de désorientation des masses induisant un perte des repères créant ainsi une insécurité qui va rendre le peuple plus vulnérable et donc plus malléable. Heureusement que je ne suis pas parano, il est bien sûr impossible que le petit cercle d’influence parisien ait une attitude aussi perverse !
Enfin….je serai ces brillants locuteurs qui ne retiennent de l’oxymore que le sens spirituel qui lui est prêté, de ne pas oublier que leurs auditeurs quant à eux en retiennent avant tout une stupidité qui n’a rien d’apparente.

mercredi 2 juin 2010

Aphorisme

Aphorisme, vous savez ce sont ces petites phrases que nous lisons avec délectation le matin en ouvrant l’ordinateur. Souvent elles révèlent avec finesse le trait d’esprit de son auteur.

En effet, le “A” n’a rien de privatif, quoique…..

J’ai eu envie de ce mot, mais à l’instant même où je l’écrivais il ne me parlait plus vraiment. Dans ce cas, c’est simple j’allume mes chaudrons et je fais parler les racines, en fait c’est parce que je ne suis pas très bon avec les runes.

Aphorisme vient du grec aphorismos qui signifie définition.

L’autre jour j’ai vu le président Sarkozy se rendre à l’UEFA, mais si vous savez bien, c’est cette organisation qui a transformé un beau sport que les gosses adorent en une activité douteuse pour ceux qui n’avaient pas le bagage nécessaire pour faire trader en bourse.

Le président Sarkozy avec ses manières habituelles de mauvais acteur américain des années soixante, se congratulait que la France ait obtenu l’organisation de ce spectacle. Des sommes folles vont être dépensées, voilà qui réjouira les hôpitaux en attente d’un nouvel appareil d’IRM, ou le personnel médical en attente de moyens qui se raréfient sans cesse au nom d’une gestion comptable de la médecine.

Avec un ton docte et sentencieux, le président Sarkozy lâcha cette phrase à marquer d’une pierre blanche “ l’euro c’est bon pour la croissance de la France “ ???????????

S’il pense au tourisme, il n’a pas l’air de savoir que ceux qui vont aller à l’euro n’iront pas en plus en Bretagne, dans les pays de Loire ou dans les Pyrénées, question de budget disponible, lui qui veut sacraliser la gestion comptable des affaires publiques sauf pour les services de l’Elysée, il devrait le savoir.

Cette phrase “ l’euro c’est bon pour la croissance de la France” est assénée comme une définition gravée dans le marbre. Définition avez-vous dit  ? Donc nous sommes en présence d’un aphorismos, autrement dit d’un aphorisme.

J’avais raison je crois, d’émettre un doute au début, dans certains cas, le “ A “ d’aphorisme est bien privatif !

mercredi 28 avril 2010

Le nerf honteux

Aujourd’hui c’est médecine sur Petex-Ra. Contrairement au précédent billet qui est un hommage, aujourd’hui il s’agit bien d’un petit texte ridicule et absurde.

Alors, le nerf honteux ? Vous ne savez pas ce que c’est ? Je vous rassure il y a deux jours moi non plus, mais entre temps j’ai rencontré mon médecin traitant ! Je connaissais son existence mais pas son nom. Non pas mon médecin traitant, le nerf !

Encore une définition relevant de la nosologie. Mais au fait, c’est probablement l’Académie de médecine qui a compétence en nosologie. J’imagine volontiers la séance du jeudi de cette docte assemblée composée de brillants professeurs tous vêtus de leur blouse blanche, et portant épée et bicorne.

?????????????????????
Et bien oui c’est une académie ! Alors épée et bicorne ! Ils peuvent toutefois s’en dispenser en salle d’opérations.

Une question m’habite je dois dire. Est-ce que l’âme de Monseigneur Lefebvre, grand défenseur de la burka mentale dans le catholicisme, planait ce jour là dans l’amphithéâtre ?
- Excuse-moi de t’interrompre, mais il n’y a pas une incompatibilité entre catholicisme et burka ?
- Pas du tout, enfin tout au moins ce catholicisme là. Comprends moi, nous sommes dans une société de mode et de l’éphémère, par conséquent j’utilise un mot que tout le monde peut comprendre, avec tout le mal que se donnent LCI et TF1 pour parler tous les jours de la burka, il faut bien saluer leur ténacité. Tout le monde sait à présent ce qu’est une burka. Par contre si j’avais indiqué qu’il s’agissait du fondateur de la Fraternité Saint Pie X, personne n’aurait compris.

Mais revenons au nerf honteux. As-tu remarqué ami lecteur à quel point je te soumets à un suspens haletant ?

Le nerf honteux est le nerf qui intervient dans le processus d’érection de la verge. Heureusement que vous l’avez Messieurs car ça permet à la dame que vous serrez dans vos bras, de constater que la profonde satisfaction que vous avez de la voir, n’est pas feinte.
Mais pourquoi diable ont-ils appelé ce nerf, nerf honteux ?????

De deux choses l’une, l’assemblée qui siégeait lors de cette séance avait une moyenne d’âge de 98 ans, ou ils étaient chargés comme des mules ! Il n’est en effet pas exclu que le Professeur Delagoutte, fils de viticulteur du Bordelais, rentrant de vacances de Margaux, soit arrivé ce jour là en camionnette plutôt qu’en taxi.
Je préfère cette deuxième explication, car j’imagine mal l’académie pudibonde, quand on connait les chansons de carabins éructées lors de soirées à faire rougir un légionnaire !

Mais connaissaient-ils le sens de honteux ?
Honteux trouve son origine dans le francique haujan qui signifiait honnir.C’est au XI ème siècle qu’il prend le sens de déshonneur et au XVI ème le sens de retenue.

Franchement ils ont tenus séance le 1er avril, c’est pas possible autrement !
Demandez voir à votre pénis s’il a envie que son nerf préféré fasse preuve de retenue !

Après réflexion à la limite de la ratiocination, il n’y a qu’une seule explication possible, les membres de l’Académie de médecine, tout au moins ceux qui ont siégé ce jour là, sont en fait de gros déconneurs.
Confondre honteux avec glorieux, non mais !
Il est vrai qu’ils avaient une circonstance atténuante, le Haut Médoc du Professeur Delagoutte.

vendredi 2 avril 2010

Les feux de la vie à l’hôpital

Tiens une nouvelle série démarre sur Petex-Ra.
Et bien non, une fois n’est pas coutume pas de texte ridicule et encore moins absurde sur Petex – Ra. Je me suis absenté depuis quelques jours. A présent je me repose loin d’Internet, des tchats et des réseaux sociaux pour ma plus grande tranquillité.
J’ai décidé de vous parler aujourd’hui des infirmières. Je les ai beaucoup fréquenté ces derniers jours. On ne parle jamais d’elles, et pourtant……
Les enfermiers sont apparus en 1288, non pas dans les hospices mais dans la langue française. L’enfermier était celui qui s’occupait des infirmes.
Cette forme archaïque s’est constituée sur le latin in firmus qui signifiait qui n’est pas en forme au moral comme au physique.
Finalement une seule locution réunit parfaitement l’infirmière et son patient, le malade qui n’est pas en forme au moral comme au physique, et l’infirmière qui est très en forme au moral comme au physique pour s’occuper du premier.
Finalement ce binôme éphémère qui unit ces deux êtres c’est un peu l’art du “deviens ce que je suis”.
Transmetteur d’énergie, transmetteur de vie, l’infirmière navigue dans les méandres de la souffrance sans indifférence et sans émotions excessives pour pouvoir ramener là haut, vers le ciel toujours plus bleu de la destinée humaine. On appelle cela la compassion.
Fatiguée, stressée, en difficulté de vie comme ça peut nous arriver à tous, elle n’en laisse rien paraître, le geste est précis, sûr et technique.
C’est un métier me dira –t-on. Que répondre à cette tautologie ?
Oui c’est un métier et quel métier, fait de précision et de responsabilités. Mais que dire de cette jeune femme aux yeux bleus mer du sud qui entre dans votre chambre à 6 heures du matin et qui vous demande, avec le plus beau sourire du monde, “ comment ça va ?”. Très curieusement on s’entend lui répondre “ ça va et vous ?” même si après avoir passé plusieurs heures en salle d’opération, on ressemble au ballon du dernier France – Angleterre.
C’est un métier ce sourire ?
Nos sociétés autistes qui ont décidé de rejeter les valeurs pour s’inscrire dans la culture de l’éphémère et des modes ne peuvent empêcher l’existence de niches d’humanité, et les infirmières le plus souvent en sont les officiantes.
Et les médecins dans tout ça ?
Pour de multiples raisons qui tiennent à mon histoire de vie, j’ai souvent eu des relations mitigées avec les médecins, entre l’omnipotent qui pense déchoir en communiquant, et le tiroir caisse qui évalue quantitativement les affections en fonction du prix de la dernière berline de luxe qu’il faut avoir, j’ai souvent navigué entre colère et rejet de cet univers si particulier.
Et puis il y a les autres, mes rencontres récentes, mon généraliste pétri d’humanité avec lequel on prend le temps de parler d’Harlan Coben, et ces deux spécialistes qui m’ont pris en charge pour me remettre en selle à un instant où la force de vie m’a lâché. Tous deux sont très loin des clichés que j’évoquais auparavant. Leur expertise est immense mais je n’aurai pas le mauvais goût de les qualifier d’experts, ils n’en ont pas besoin, ils sont au delà. Eux, et j’ai une pensée particulière pour celui qui m’a opéré, observent, analysent, déduisent, décident, tranchent et coupent, combattent l’ennemi avec pour seule mission de rendre la vie à celui qui s’abandonne totalement, sans concession possible, entre leurs mains.
Et dire que certains veulent faire, font, une gestion exclusivement comptable de la médecine hospitalière. Que voulez vous, des hommes sans âme il y en a toujours eu.
Il y a des jours comme ça, où on rencontre des toubibs, des vrais, des tueurs de mort, cette chienne infâme que je hais car elle est une insulte à l'intelligence. J’ai eu cette chance de croiser la route de tels hommes qui se sont occupés de moi. La vie fait toujours des cadeaux encore faut il les voir.
Le tueur de mort et l’insuffleuse de vie nous ramènent toujours sur le petit sentier qui descend de la colline pour aller vers la mer.
A tous deux, tueur de mort et insuffleuse de vie, je vous dis juste simplement, merci.